International Women’s Day

Dans le cadre de l’International Women’s Day, L’UDSL a mis en valeur et a poser des questions à trois femmes actives dans le domaine du vin.

As part of the International Women’s Day, the UDSL highlighted and asked questions to three women active in the field of wine industry.

Corinne KOX, 
Seconde génération du Domaine L&R Kox à produire leur propre vins. Elle est pionnière au Luxembourg dans plusieurs spécialités dont la vinification en jarre, les variétés PIWI, les vins sans sulfites, les vins orange et la vitiforesterie.

Q:
What have been the biggest challenges you’ve faced as a woman in the wine industry, and how have you overcome them?
A:
One of the biggest challenges has been stepping into a leadership role in a traditionally male-dominated industry. Taking over a family business while parents remain actively involved can create uncertainty around leadership responsibilities. Additionally, societal expectations often associate women with qualities like kindness and gentleness, which can make asserting authority and leadership more challenging. A key factor was taking responsibility, embracing my tough side, and asserting it with confidence.
 
Q:
How are female winemakers perceived by consumers and professionals in the wine industry? Have you encountered any stereotypes or biases?
A:
Perceptions in the wine industry are gradually evolving, but there are still those who assume that winemaking and leadership are roles best suited for men. On the other hand, some wine professionals are even launching initiatives to actively promote wines made by women.
I choose not to be influenced by such external opinions. Instead, I focus on my expertise, passion, and vision, staying authentic and committed to my values. I believe that creating meaningful contributions to the wine industry in Luxembourg is determined by competence, dedication and endurance – not gender.
 
Q:
What advice would you give to young women looking to enter the wine industry, whether as winemakers, sommeliers, or entrepreneurs?
A:
Work on your self-confidence and don’t be afraid to take up space in the wine industry.
Support and lift up other women. And bring them along on your journey.
Find a mentor(s).
As Andreea Monnat puts it: « Don’t change the women, fix the system. » à don’t adapt to fit in or conform to the system. Instead let’s create a more inclusive system.

Q:
Quels ont été les plus grands défis que vous avez rencontrés en tant que femme dans l’industrie du vin, et comment les avez-vous surmontés ?
R:
L’un des plus grands défis a été de prendre un rôle de leadership dans une industrie traditionnellement dominée par les hommes. Reprendre une entreprise familiale alors que les parents restent activement impliqués peut créer des incertitudes quant aux responsabilités en matière de direction. De plus, les attentes sociétales associent souvent les femmes à des qualités comme la gentillesse et la douceur, ce qui peut rendre plus difficile l’affirmation de son autorité et de son leadership. Un élément clé a été d’assumer pleinement mes responsabilités, d’accepter mon côté déterminé et de l’affirmer avec confiance.

Q:
Comment les femmes vigneronnes sont-elles perçues par les consommateurs et les professionnels du secteur viticole ? Avez-vous été confrontée à des stéréotypes ou des préjugés ?
R:
Les perceptions dans le secteur viticole évoluent progressivement, mais il existe encore des personnes qui considèrent que la vinification et les postes de direction sont des rôles mieux adaptés aux hommes. D’un autre côté, certains professionnels du vin lancent des initiatives pour promouvoir activement les vins produits par des femmes.
Je choisis de ne pas me laisser influencer par ces opinions extérieures. Je me concentre sur mon expertise, ma passion et ma vision, en restant authentique et fidèle à mes valeurs. Pour moi, ce qui permet d’apporter une contribution significative à l’industrie viticole au Luxembourg, c’est la compétence, le dévouement et la persévérance – et non le genre.

Q:
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaitent entrer dans l’industrie du vin, que ce soit en tant que vigneronnes, sommelières ou entrepreneures ?
R:
Travaillez votre confiance en vous et n’ayez pas peur de prendre votre place dans le monde du vin.
Soutenez et encouragez d’autres femmes. Emmenez-les avec vous dans votre parcours.
Trouvez un ou plusieurs mentors.
Comme l’a dit Andreea Monnat : « Ne changez pas les femmes, changez le système. » Il ne s’agit pas de s’adapter pour rentrer dans le moule, mais plutôt de construire un système plus inclusif.

Joanna Blaszczuk,
wine enthusiast, member of the UDSL, WSET Level 3 in Wine passed with distinction

Q:
What are the most important factors for you when choosing a wine? Brand, origin, winemaker, taste, or something else?
A:
In wine consumption, as in many areas of my life, I seek out variety. I tend to search for varieties, origins and terroirs that are not yet familiar to me, to build up my experience. Oftentimes, this leads to great, unusual discoveries that bring me a lot of joy. Obviously, I have my general taste preferences, but I always keep an open mind, and I don’t become discouraged by less successful past experiences with a specific variety, brand or PDO.

Q:
Do you think the wine industry pays enough attention to female consumers in its marketing and promotions? Have you ever felt overlooked or stereotyped?
A:
Unfortunately, female wine consumers continue to be treated as wine novices. They are never offered the wine menu first when in mixed-gender company and are often mansplained the basics of wine. Female taste preferences are often stereotyped to be sweet and fruity, light-bodied white or rosé. At the same time, male consumers are by default treated as knowledgeable, with a more refined taste. The situation has been improving in recent years though, with the increased understanding of younger generation industry specialists who don’t carry as many biases as their older counterparts. 

Q:
When purchasing wine, do you prefer trying new selections at restaurants and bars, or do you buy directly from wineries or online? What influences your decision?
A:
Wine tastings and fairs are an important source of my wine purchases. The sensorial experience of a quality wine paired with expert and attentive explanation by a winemaker and the event’s pleasant setting frequently encourage my placing orders on the spot.
Otherwise, when in search of wines not readily available in the local market, I tend to come back to brands I tasted during my travels or conduct my own research while scanning through the recommendations of reputable wine sellers. 
 
Q:
As a female wine consumer, what changes would you like to see in the wine industry to enhance your experience?  
A:
I would love to see more focus on female-centred events. Women and men exchange and build relationships in a different way and it’s important to incorporate this fact in marketing. Many women seek opportunities to exchange with like-minded people in a setting where they don’t feel intimidated or don’t need to prove their qualifications or knowledge to be treated seriously. More exposure to the beauty of the wine world in a safe, encouraging but also enriching setting could lead to growth of the number of female wine experts and enthusiasts and in the longer run transform the industry.

Q :
Quels sont les facteurs les plus importants pour vous lorsque vous choisissez un vin ? Marque, origine, vigneron, goût ou autre chose ?
R : 
Dans ma consommation de vin, comme dans de nombreux aspects de ma vie, je recherche la diversité. J’ai tendance à explorer des cépages, des origines et des terroirs qui me sont encore inconnus, afin d’enrichir mon expérience. Cela me conduit souvent à de belles découvertes inattendues qui me procurent beaucoup de joie. Bien sûr, j’ai des préférences gustatives générales, mais je reste toujours ouverte d’esprit et je ne me laisse pas décourager par des expériences moins réussies avec un cépage, une marque ou une appellation donnée.

Q :
Pensez-vous que l’industrie du vin accorde suffisamment d’attention aux consommatrices dans son marketing et ses promotions ? Vous êtes-vous déjà sentie mise à l’écart ou stéréotypée ?
R : 
Malheureusement, les consommatrices de vin sont encore trop souvent perçues comme des novices. Elles ne reçoivent jamais la carte des vins en premier lorsqu’elles sont en compagnie d’hommes et se voient fréquemment expliquer les bases du vin de manière condescendante. Leurs préférences gustatives sont souvent stéréotypées : on suppose qu’elles préfèrent les vins doux et fruités, les blancs légers ou les rosés. À l’inverse, les consommateurs masculins sont systématiquement considérés comme avertis, dotés d’un goût plus raffiné. La situation s’améliore toutefois ces dernières années, grâce à une nouvelle génération de professionnels du secteur qui portent moins de préjugés que leurs aînés.

Q :
Lors de l’achat de vin, préférez-vous découvrir de nouvelles sélections dans les restaurants et bars, ou achetez-vous directement auprès des domaines viticoles ou en ligne ? Qu’est-ce qui influence votre décision ?
R : 
Les dégustations et les salons sont des sources importantes pour mes achats de vin. L’expérience sensorielle d’un bon vin, combinée aux explications expertes et attentives d’un vigneron, ainsi qu’au cadre agréable de l’événement, m’incitent souvent à passer commande sur place.
Par ailleurs, lorsque je recherche des vins qui ne sont pas facilement accessibles sur le marché local, je me tourne vers des marques que j’ai découvertes lors de mes voyages ou j’effectue mes propres recherches en m’appuyant sur les recommandations de vendeurs de vin réputés.

Q :
En tant que consommatrice de vin, quels changements aimeriez-vous voir dans l’industrie pour améliorer votre expérience ?
R : 
J’aimerais que davantage d’événements soient spécifiquement conçus pour les femmes. Les femmes et les hommes échangent et construisent des relations différemment, et il est important d’en tenir compte dans le marketing. Beaucoup de femmes recherchent des occasions d’échanger avec des personnes partageant les mêmes centres d’intérêt, dans un cadre où elles ne se sentent pas intimidées et où elles n’ont pas besoin de prouver leurs compétences ou leurs connaissances pour être prises au sérieux. Une plus grande exposition à la richesse du monde du vin, dans un environnement à la fois sûr, stimulant et enrichissant, pourrait favoriser l’émergence d’un plus grand nombre d’expertes et d’enthousiastes du vin, et, à long terme, transformer l’industrie.

Jun RUAN,
En possession d’une double qualification, Bachelor en Littérature de Yunnan et Master 2 en management et marketing du vin à l’INSEEC ainsi que le WSET niveau 3. Elle a commencé sa carrière à Bordeaux à la Cité du vins, puis à Cognac ainsi qu’au Château de Yunnan Red pour enfin venir exercer au Luxembourg. Elle est membre fondatrice de L’UDSL.

Q:
In an industry traditionally dominated by men, what challenges have you faced as a sommelier?
A:
The physical aspects of the job, such as carrying wine cases or managing cellars, are often seen as a disadvantage for women. Some customers assume that men are more professional, and I am frequently mistaken for a waitress rather than an expert. At professional events, my skills are sometimes questioned due to a perceived « lack of leadership » or « low stress tolerance. » Strategies to overcome these challenges include improving professional skills and refining communication techniques.

Q:
Do you think women have unique advantages when it comes to tasting, selecting wines, or interacting with customers?
A:
Female sommeliers combine sensory finesse with relational intelligence. Their heightened perception of aromas (Université de Montréal, 2022) sets them apart in tastings, while their role in wine selection continues to grow. Their empathy enhances client interactions. Their strength? Turning technical expertise into emotion, giving each bottle a unique touch.

Q:
Do you think the wine industry’s attitude toward female professionals has changed in recent years?
A:
Yes, attitudes toward female sommeliers have improved. In recent years, they have increasingly distinguished themselves in international competitions, proving their expertise at the highest level. Additionally, scholarships and specific initiatives have been introduced to support women in this profession, providing them with more training and recognition opportunities. These advancements contribute to greater visibility and legitimacy for women in the wine industry.

Q:
What advice would you give to young women aspiring to become sommeliers?
A:
For decades, the profession has been shaped by the aura of traditional male sommeliers. However, today, feminine delicacy brings more sensitivity, both in taste and cultural appreciation. This perspective creates a unique way of making terroir « dance » through unforgettable moments. Keep learning, and let’s be proud to bring elegance and refinement to our tables.

Q:
Dans une industrie traditionnellement dominée par les hommes , quel défis avez-vous rencontré en tant que sommelière?
R:
Le travail physique, comme le transport de caisses de vin ou la gestion de caves, est souvent perçu comme un désavantage pour les femmes. Une partie des clients suppose que les hommes sont plus professionnels, et l’on me confond souvent avec une serveuse plutôt qu’une experte. Lors d’événements professionnels, mes compétences sont parfois remises en question par un « manque de leadership » ou de « faible résistance au stress ». Les stratégies pour y faire face incluent l’amélioration des compétences professionnelles et la manière de communiquer.

Q:
Pensez-vous que les femmes ont des avantages uniques lorsqu’il s’agit de la dégustation, de la sélection des vins ou de l’interaction avec les clients ? 
R:
Les sommelières allient finesse sensorielle et intelligence relationnelle. Leur perception accrue des arômes (Université de Montréal, 2022) les distingue en dégustation, tandis que leur rôle grandit dans la sélection des vins. Leur empathie facilite l’interaction client. Leur force ? Transformer la technique en émotion, donnant à chaque bouteille une touche unique.

Q:
Pensez-vous que l’attitude de l’industrie du vin à l’égard des femmes professionnelles a changé ces dernières années ? 
R:
Oui, l’attitude envers les sommelières a évolué positivement. Ces dernières années, celles-ci se distinguent de plus en plus dans les concours internationaux, prouvant leur expertise au plus haut niveau. De plus, des bourses et des initiatives spécifiques ont été mises en place pour soutenir les femmes dans ce métier, leur offrant davantage d’opportunités de formation et de reconnaissance. Ces avancées contribuent à une meilleure visibilité et légitimité dans l’industrie du vin. 

Q:
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes souhaitant devenir sommelière ?
R:
Depuis des décennies, la profession rayonne par l’aura des sommeliers traditionnels. Pourtant, de nos jours, la délicatesse féminine apporte plus de sensibilité, en terme gustatif et culturel. Cette analyse peut découler vers une façon différente de faire danser le terroir au travers de moments uniques. Keep learning, et soyons fières d’apporter de la délicatesse autour de nos tables.